Photographie : La galerie Saint-Louis


La galerie Saint-Louis s’élève en grande partie sur l’emplacement d’une galerie plus large qui portait déjà ce nom en des temps très reculés. Elle a été restaurée en 1834, par l’architecte de la Cour, de Gisors (1796-1866), avec tous les raffinements du style troubadour si prisé à l’époque.

La nouvelle disposition des bâtiments et surtout l’ampleur que l’on souhaitait donner à la chambre criminelle rendaient nécessaire le déplacement de la galerie de quelques mètres vers l’Est. Duc envisagea sans regret la destruction de cette galerie qu’il jugeait d’ailleurs construite de façon peu monumentale. Le parti adopté par Duc pour la décoration de la chambre criminelle et surtout la décision d’ouvrir des baies sur la galerie, rendaient ce voisinage impossible tant pour des considérations de style que compte tenu de la trop faible hauteur de la galerie gothique. Les dimensions trop modestes de la galerie gothique ne permettaient sans doute pas de la conserver, mais l’on peut s’interroger sur le mariage imposé par l’architecte entre le style néoclassique du vestibule, de la galerie des bustes, les splendeurs du plafond de la Chambre criminelle, et l’exercice de style un peu froid de ce pastiche de la première Renaissance italienne.

On y trouve une statue de Louis IX, roi de France plus connu sous le nom de Saint-Louis (1214-1270), souverain réputé pour sa sagesse et son équité, devenu au fil des siècles une des figures les plus symboliques de la justice. Il est ici représenté sous un chêne, puisque l’on disait qu’il aimait ainsi siéger sous cet arbre dans le parc de son château de Vincennes ou dans le jardin du palais.

Photographie : La galerie Saint-Louis

L’ancienne galerie contenait une statue de petite dimension qui représentait Saint-Louis en pied et qui ne correspondait pas apparemment aux souhaits de Duc qui fournira les dessins de la statue actuelle au statuaire Eugène Guillaume (1822-1905). La statue de pierre ne fut terminée qu’un an après l’achèvement du modèle par le statuaire en janvier 1877 et elle le laissa pour le moins insatisfait parce qu’il trouvait trop petite la proportion déterminée par l’architecte. L’ensemble a été peint la même année par Charles Lameire. Le 15 janvier 1975, une bombe explosait dans cette galerie et endommageait la statue. Sa restauration malheureuse, notamment de la tête et de la main droite, a rendu l’œuvre entièrement méconnaissable. Des photographies attestent en effet que la tête originelle était d’une plastique différente.

Deux tableaux peints par Luc Olivier Merson entre 1876 et 1877, représentent des scènes de la vie du Roi.

  • A l’occasion de son avènement (1227), le jeune Louis IX fait délivrer des prisonniers (signé et daté 1876). 
  • Vers 1254, le roi, de retour de terre sainte, songeait à juger et à punir de mort Enguerrand IV de Coucy accusé d’avoir fait pendre trois jeunes nobles surpris chassant sur ses terres. Il se laisse finalement fléchir par ses pairs, et se borne à de sévères sanctions ou mesures de réparation (signé et daté 1877).

Le vestibule qui donne sur la galerie des prisonniers accueille un service d’accueil des justiciables.